« Protection, Dignité et Résilience »
Programme de Prévention et de Prise en Charge des Violences Basées sur le Genre (VBG)
️ CONTEXTE ET JUSTIFICATION
En Haïti, les violences basées sur le genre (VBG) constituent un problème majeur de santépublique et une grave violation des droits humains, touchant particulièrement les femmes et les filles vivant dans les sites de déplacés internes, les quartiers marqués par une forte insécurité et les milieux socio-économiques précaires. Dans ces contextes de vulnérabilité accrue, les risques d’agressions sexuelles, d’exploitation et d’abus sont considérablement amplifiés. Les conséquences sont multiples et profondes: dépression, anxiété, stress post-traumatique, grossesses précoces ou non désirées, abandon scolaire, stigmatisation sociale, isolement et perte d’estime de soi.
Au niveau mondial, selon les données des Nations Unies et de l’Organisation mondiale de la santé (Organisation mondiale de la santé), 1 femme sur 3 (≈ 30 %) dans le monde a subi des violences physiques et/ou sexuelles au cours de sa vie. Environ 11 % des femmes ont été victimes de violences au cours des 12 derniers mois, tandis que 16 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont déjà subi des violences de la part d’un partenaire intime. Ces chiffres démontrent que les VBG constituent un phénomène structurel et systémique affectant des millions de femmes et de filles à travers le monde.
En Haïti, la situation est particulièrement préoccupante. Selon les données du sous-cluster VBG des Nations Unies, relayées notamment par ONU Femmes, 4 482 cas de VBG ont été officiellement rapportés entre janvier et juin 2025. Parmi ces survivantes, 78 % sont des femmes, 14 % sont des filles mineures, et 57 % des cas concernent des violences sexuelles. Entre janvier et septembre 2025, plus de 7 400 incidents de VBG ont été enregistrés, soit une moyenne d’environ 27 cas par jour. Ces chiffres restent en deçà de la réalité, en raison de la sous-déclaration liée à la peur, à la stigmatisation et à l’insécurité persistante.
La crise humanitaire aggrave considérablement la vulnérabilité des femmes et des filles. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 1,3 million de personnes sont actuellement déplacées internes en Haïti. Les femmes et les filles vivant dans des sites de déplacement font face à des risques accrus de violences sexuelles, d’exploitation et d’abus, en raison des conditions précaires: absence d’éclairage, promiscuité, insécurité armée et manque de mécanismes de protection.
La situation des enfants est tout aussi alarmante. Selon l’UNICEF, les signalements de violences sexuelles contre les enfants ont connu une augmentation dramatique en Haïti, atteignant jusqu’à +1 000 % en 2024 dans certaines zones contrôlées par des groupes armés. Les filles sont particulièrement exposées aux agressions sexuelles, aux unions précoces et aux formes d’exploitation.
Sur le plan médical, Médecins Sans Frontières (MSF) rapporte qu’en 2024, plus de 4 400 survivantes de violences sexuelles ont été prises en charge dans ses structures en Haïti. La clinique spécialisée de Port-au-Prince a enregistré près de 2 300 cas en seulement neuf mois en 2025, soit une augmentation de plus de 39 % par rapport aux années précédentes, illustrant une escalade inquiétante des violences sexuelles, souvent liées aux groupes armés.
L’analyse de ces données révèle que les femmes représentent près de 80 % des survivantes, que les violences sexuelles constituent plus de la moitié des cas rapportés, que les adolescentes et les filles figurent parmi les groupes les plus vulnérables, et que les déplacements forcés multiplient les risques d’agression. Par ailleurs, les services médicaux, psychosociaux et juridiques disponibles demeurent largement insuffisants face à l’ampleur des besoins.
Face à cette situation alarmante, une réponse communautaire intégrée s’impose. Le programme «Protection, Dignité et Résilience » vise à renforcer la prévention, améliorer la prise en charge psychosociale des survivantes et structurer des mécanismes efficaces de référencement, afin de contribuer à la protection et à la restauration de la dignité des femmes et des filles en Haïti.
OBJECTIFS DU PROGRAMME
Objectif général
Contribuer à la prévention des violences basées sur le genre et renforcer la prise en charge psychosociale des survivantes.
Objectifs spécifiques
1. Sensibiliser 300 jeunes (15–24 ans) sur les VBG et les droits humains.
2. Former 50 agents communautaires sur l’identification et la gestion des cas de VBG.
3. Offrir un accompagnement psychologique à au moins 100 survivantes.
4. Mettre en place un mécanisme de référencement médical, juridique et social.
COMPOSANTES DU PROGRAMME
A. Prévention et Sensibilisation
Ateliers éducatifs dans les écoles et sites de déplacés
Causeries communautaires
Campagnes médiatiques (radio, réseaux sociaux)
Sessions sur:
1) Consentement
2) Égalité de genre
3) Masculinité positive
4) Droits des femmes et des filles
B. Accompagnement Psychosocial
Consultations psychologiques individuelles
Groupes de parole thérapeutiques
Art-thérapie et techniques de gestion du traumatisme
Soutien familial lorsque nécessaire
Mécanisme de Référencement
Partenariat avec:
1) Centres de santé /ONG/ MSPP
2) Avocats
3) Services de protection de l’enfance
Élaboration d’un protocole confidentiel de prise en charge
Renforcement des Capacités
Modules de formation sur:
Compréhension des VBG
Premiers secours psychologiques (PSP)
Éthique et confidentialité
Protection des mineurs
MÉTHODOLOGIE
Le programme adopte:
Une approche centrée sur la survivante
Une approche communautaire participative
Une approche intégrant la santé mentale
Le respect strict des principes de confidentialité et de non-discrimination
RÉSULTATS ATTENDUS
Amélioration des connaissances communautaires sur les VBG
Réduction de la stigmatisation
Meilleure prise en charge psychosociale
Renforcement des mécanismes communautaires de protection
DURÉE DU PROGRAMME
12 mois (renouvelable)
INDICATEURS DE PERFORMANCE
Nombre de personnes sensibilisées
Nombre d’agents formés
Nombre de survivantes accompagnées
Nombre de cas référés avec succès
SLOGAN DU PROGRAMME
« Respect, Protection et Dignité pour toutes les femmes et les filles. »